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Les années sombres de la
dictature ont marqué la ville mais heureusement, elles n’ont pas défiguré la
capitale comme ailleurs. Mais, ne l’oublions pas, le réalisme socialiste
était, en 1989 encore, le canon officiel et les statues et mémoriaux politiques
jalonnaient toutes les rues et les places publiques. On peut découvrir toutes
ces reliques dans le parc des statues (Szoborpark), à deux pas de la
ville où toutes les anciennes statues ont été déplacées : dans la ville
même, mis à part le monument de libération de l’Armée Rouge en face de la
maison de la télévision, tout symbole communiste est interdit !
Néanmoins,
on peut s’amuser à retrouver ces traces disparues : A côté de la place des
héros (Hösök Tere), on trouve une avenue étonnamment grande : c’est
l’ancienne place des défilés (Felvonulas tér) qui, jusqu’en 1989, accueillait
des dizaines de milliers de membres du parti, les fonctionnaires, les écoliers
et les lycéens pour des fêtes comme le 1er et le 8 mai. Il faut
imaginer une masse humaine couverte de drapeaux rouges et de slogans
communistes !
Sur
cette même place, le régime érigea en 1951 une statue de 6 tonnes à l’effigie
de Staline, statue qui fut déboulonnée durant la révolution
de 1956
mais les révolutionnaires n’ont pas réussi à démonter les bottes du dictateur
qui restèrent sur place, après l’intervention soviétique, les bottes ont acquis
un statut symbolique et quasi mythique : elles incarnaient ironiquement un
régime inébranlable. Aujourd’hui, seulement une plaque modeste commémore ce
lieu mythique mais les « bottes » restent très présentes dans
l’imaginaire populaire !
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