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Abakwa.
La société secrète Abakwa s'est développée à Cuba vers 1820, sous l'impulsion
des noirs venus du Calabar (Carabali). Il ne s'agit pas d'une religion,
mais d'une association fermée, exclusivement réservée aux hommes, initiés
et liés par un serment. Chano Pozo. Un grand joueur de tumbadores (nom
cubain des congas), était initié aux secrets de cette organisation socio-politique,
qui correspond à celle des "hommes léopard" (Ekwe, en langue Efik ou Ekoi,
signifie léopard). Ils sont les gardiens sévères du dialecte et du rituel
"plante", "une sorte de franc-maçonnerie populaire" (Alejo Carpentier).
À Cuba, on les appelle "nañigos" (petits frères). La musique rituelle
et la danse abakwa ont influencé la rumba.
Afrique.
C'est, avec l'Europe (Espagne, France...), le berceau de la musique
cubaine. Cuba est depuis cinq siècles - environ 1000 africains à Cuba
en 1513 - l'île où se croisent les chants et danses venus d'Afrique et
d'Espagne. L'Afrique de l'ouest, et plus particulièrement les pays du
golfe de Guinée (Togo, Benin, Nigeria), constitue le berceau des Yoruba,
Nago, Egba, Ijesa, Ewé et autres nombreuses nations les composant.
Arara.
Peuple de l'ex-Dahomey ayant apporté ses chants et danses à Cuba, dans
la province de l'Oriente, suite à la révolution haïtienne (1791). Ils
sont apparentés aux Ewé, Fon et Mahi. Leur culte (foddun) est proche du
Voddun yoruba en Afrique et du vaudou en Haïti.
Areito.
Chant et danse des Taïnos, indiens des Antilles.
Baila.
C'est la danse, en espagnol, toutes les danses, inséparables de la musique
et des chants cubains (conga de carnaval, boléro, rumba, danzon, cha-cha-cha,
mambo...)
Bata.
Ce mot désigne un ensemble de trois tambours sacrés qui permettent la
communication entre les adeptes et les divinités (orishas). En forme de
sablier, ils sont munis d'une peau de taille différente, de chaque côté
(bimembraphonique). Chaque peau produit ses propres sons, reproduisant
par cette polyphonie une façon de parler inspirée de la langue Yoruba.
Les bata sont fabriqués selon un rituel complexe et leur apprentissage
dure de nombreuses années. Okonkolo, le petit, le fils, est dans le registre
aigu. Itotele, le moyen, le père ou le Roi, est dans le medium. Enfin,
Iya, le plus grand, la mère, est dans le grave, entouré de sonnailles,
et c'est lui qui improvise. Les batas sont parfois accompagnés, ou remplacés,
par des shékérés (abwès). En dehors de Cuba, ils sont toujours joués au
Nigéria. Les croyants chantent et dansent pour leurs dieux, et ceux-ci
les "chevauchent".
Benny Moré.
Célèbre chanteur et compositeur (1919-1963), figure culminante
de l'histoire du son. Il créa en 1953 la Banda Gigante, dont l'impact
lui valut le surnom de "Barbaro del ritmo". Écoutez "Rumberos de ayer"
pour vous en convaincre.
Bolero.
"Le Boléro, dont l'invention est attribuée à Zereto (1780) suit une mesure
de 2/4 ou de 3/4 et s'accompagne de castagnettes, de la guitare et du
tambour de basque. Là encore, la femme s'esquive, se rapproche, s'échappe
à nouveau ; mais la fougue du fandango s'est calmée pour devenir une douce
et cajoleuse flatterie ; le boléro marque le triomphe de la tendresse."
(Curt Sachs, Histoire de la danse, Gallimard, 1938) D'origine espagnole,
donc, cette ballade qui invite à la rêverie est née à Cuba avec Tristeza
, de José Sanchez (1883). Ce genre de chanson sentimentale est arrivé
vers 1880 à Santiago de Cuba (en Oriente, la province la plus à l'est
de Cuba), et s'est répandu dans toute l'Amérique latine comme la danse
des amants. Deux exemples à l'interprétation magistrale figurent sur l'album
Buena Vista Social Club, Dos gardenias et Veinte años. Si le bolero émeut,
associé au son qui fait danser, il donne le boléro-son, avec une partie
lyrique suivie d'une autre plus rythmée, lancée par le trio Matamoros
(1925-1960).
Bongos.
Deux petits tambours de peau, de taille différente (aigu : mâle, grave
: femelle), reliés entre eux. On le joue assis, tenu entre les genoux,
en utilisant les doigts et le pouce, en plus des claqués et des sons ouverts.
En dehors de quelques figures rythmiques précises, tel le martillo pour
accompagner les sones, il improvise souvent librement. Le bongocero doit
également jouer la campana (cloche) et le guiro (racloir).
Botija (ou botijuela).
Pot de terre, cruche en argile
qui servait au transport de l'huile dans laquelle on souffle pour obtenir
un son de basse très utilisé dans le son. Elle sera remplacée parfois
par la marimbula.
Buena
Vista Social Club. Film culte réalisé par Wim Wenders en 1999.
Les "Social Club" étaient à l'origine des cercles mondains où les races
ne se mélangeaient guère. C'est aussi le titre d'un album exceptionnel
où jouent ensemble de vieilles gloires du son et du boléro comme Omara
Portuondo, Ibrahim Ferrer, Compay Segundo. Produit par le guitariste Ry
Cooder à La Havane en mars 1996, c'est le disque le plus vendu de l'histoire
de la musique cubaine.
Cabildos.
Pendant cinq siècles, associations d'entraide et de secours, réunissant
les noirs selon leur origine africaine. On distingue les cabildos Lucumi
(Yoruba), Ararâ, Carabali (Calabars), ou Congo Reales (Angolais), etc.
Un grand nombre de cabildos se mit sous la protection des saints catholiques.
Carnaval.
C'est un événement du folklore cubain très populaire sur l'île depuis
son retour en 1996, où les différentes comparsas s'en donnent à cœur joie
en défilant dans les rues. On l'entend à Santiago de Cuba et à La Habana
à l'approche du 26 juillet. Signalons également l'importance de la fête
des rois mages (Dia de Reyes) parmi les nombreuses cérémonies de l'île.
Cata.
Tumba en forme de tronc évidé que l'on frappe avec des baguettes (palos
ou palitos), équivalent au "Ti-bois" antillais. On peut entendre les coups
réguliers du cata dans le rythme yuka (d'origine congo), ou encore dans
le yambu ou le guaguanco de la rumba.
Cha-cha-cha.
Danse au rythme plus lent et carré que le mambo. C'est aussi un dérivé
du danzon, de la contradanza et du mambo. Le mot cha-ch-acha évoque le
glissement des pieds des danseurs sur le sol. Cha pour cha-cha-cha est
un rythme créé par Enrique Jorrin en 1949 avec La Enganadora, premier
tube de Cha-cha-cha en 1949. Suivra El Bodeguero composé par le flûtiste
Richard Egües pour l'Orquesta Aragon.
Chano Pozo.
Célèbre percussionniste ayant crée avec Dizzy Gillespie
des grands classiques du latin-jazz (Manteca, Tin tin deo). Après son
enfance à la Havane, il exerce plusieurs petits métiers, devient en 1936
directeur musical dans une station de radio et forme avec Chapotin le
Conjunto Azul. Installé à Harlem en 1946, il joue et enregistre avec le
grand orchestre de Gillespie, avec Fats Navarro ou Art Blakey. Il meurt
en 1948 à 33 ans, assassiné dans un bar de Harlem.
Cha-onda.
Salsa psychédélique créée dans les années soixante par Orchesta Aragon,
et qui reprend des tubes de rock dont "Black is Black" de Los Bravos.
Charanga.
Les charangas désignent aussi les orchestres qui jouent le danzon. Celle
de Los Van Van intègre des instruments électriques et l'influence rock.
Groupe d'Enrique Jorrin, violoniste de l'Orquesta América, et le joueur
de güiro Gustavo Tamayo, remplace les cuivres par les violons et privilégie
la flûte.
Clave.
"Au commencement était la clave…" Cellule rythmique autour de laquelle
s'articule tout le morceau. Les couplets, refrains, breaks, improvisations,
changements de partie seront tous exécutés par rapport à la clave. Jouée
avec les claves, deux petits bâtonnets de bois, la clave est composée,
sur deux mesures, d'une partie forte (trois coups) et d'une partie faible
(deux coups), ou l'inverse. Elle ne commence pas toujours sur le premier
temps, mais une fois lancée, elle souligne les temps forts de la pulsation
de base. Cependant, par exemple, un solo de timbales pourra tout-à-fait
se jouer sur une clave différente de celle des premiers couplets.
Claves.
Deux bâtonnets que l'on entrechoque et qui donnent le rythme de base de
nombreux rythmes cubains, soit 2/3, soit 3/2.
Comparsa.
Ensemble de percussions, attaché à un quartier, qui se prépare (costumes,
chants, danses, rythmes) pour défiler au carnaval. "Beaucoup plus qu'une
marche rythmique collective, les comparsas constituèrent un ballet ambulant.
Les comparsas avaient des thèmes. Un scorpion ou un serpent représentés
par une figure de grande taille, portée par un danseur expérimenté, servait
de ligne directrice à toute une action accompagnée de chants." (Alejo
Carpentier).
Compay Segundo
alias Francisco Repilado). Né en 1907 à Siboney, il est
l'un des ancêtres de la musique cubaine toujours en activité, la mémoire
vivante du son cubain. Il invente son propre instrument, l'harmonico,
un hybride entre le tres et la guitare, muni de sept cordes, au son caractéristique.
Avec Lorenzo Hierrezuelo, le Primo Compay, il fonde dans les années quarante
le duo Los Compadres. Il accède à la reconnaissance internationale avec
le disque Buena Vista Social Club, et son tube "Chan Chan" fait le tour
du monde. À 93 ans, il continue à sortir albums et compilations, inspirant
des nouveaux groupes comme Orishas.
Conga.
Rythme et danse de carnaval, remontant au XVIIe siècle et devenue, comme
la rumba, une danse de salon dans les années 30. Conga désigne aussi un
orchestre ambulant accompagné d'un groupe (ou comparsa) de danseurs des
rues. Les congas sont également le nom que les Français donnent aux tumbadores,
les tambours cubains dont les noms changent en fonction des rythmes joués
(cachimbo, mula, caja, quinto, tres golpes, salidor, rebajador…). Ces
tambours sont allongés, en forme de fût, recouverts d'une peau. Il en
existe trois tailles principales. Dans la rumba, la plus petite improvise
tandis que les deux autres marquent le rythme de base.
Contradanza.
Danse qui, avec son dérivé le danzon créé en 1879, est issue de la contredanse
française, apportée par les colons espagnols et français venus d'Haïti
en 1791, ainsi que de Louisiane. Ces danses de salon sont introduites
à Cuba à partir de la fin du XVIIIe siècle (voir Danzon).
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