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Les langues minoritaires sur le territoire français sont rares.
L'alsacien ou le corse, malgré d'indéniables particularismes, ne
peuvent renier leur filiation avec des langues de pays limitrophes
(allemand, italien). Le breton, comme le basque, ne doivent rienà personne.
Le breton aurait fait sont apparition au 5e siècle. Certainement
importé sur la péninsule par les immigrés d'outre-Manche. Il s'imposa
sur le gaulois ; peut-être pas si différent que ça. Des découvertes
d'inscriptions gauloises prouveraient une certaine parenté entre
le celtique continental et l'ancien brittonique " …issus d'un même
rameau celtique antique, distinct du gaélique " (extrait : Dictionnaire
du Patrimoine Breton- Éditions Apogée - 2000).
Le breton " original ", proche du breton de l' " île ", celui
des " saints et des rois " bretons, fut parlé du 5e au 13e siècles.
On l'utilisait à l'ouest d'une ligne Dol (Ille-et-Vilaine) à Donges
(Loire-Atlantique). Plus à l'est, il s'efface devant le roman puis
disparaît.
Du 13e au 16e siècles, il est le langage vernaculaire du duché.
Seule la noblesse parle le français. Son aire de locution recule
progressivement jusqu'à une ligne Saint-Nazaire Saint-Brieuc ; les
limites de la Basse-Bretagne. Il est intéressant de noter le grand
intérêt des ecclésiastiques pour le breton. Plusieurs ouvrages,
dont le dictionnaire Catholicon (1499) breton/français/latin, servirent
les curés dans leurs offices. L'imprimerie révolutionnaire publia
les décrets nationaux dans les deux langues dès 1789. La Convention
n'eut pas les moyens d'appliquer sa politique " le fédéralisme et
la superstition parlent bas-breton " , " … anéantir les patois et…
universaliser l'usage de la langue française " (abbé Grégoire).
Sous la 1ère République le breton recule de l'embouchure de la
Vilaine à Plouha (Côtes d'Armor). Une poche de bretonnants résiste
à Guérande et Batz/Mer jusqu'aux années 50 (Loire Atlantique). Jules
Ferry, et surtout la 3ème République interdirent le breton à l'école
; avec le concours des parents ! C'est l'église qui en fit usage
officiellement jusqu'à la dernière guerre.
Au début du 20e siècle les trois quart de la population bas-bretonne
ne s'exprime qu'en breton, 750000 ne parlent pas un mot de français
(population totale 1,5 millions). Aujourd'hui, ces irréductibles
ont disparu, mais 240000 personnes sont bi-lingues.
La France a signé en 1999 la Chartre Européenne des langues minoritaires
proposée par le Conseil de l'Europe (1992)… mais la ratification
française traîne à venir.
Pirmil 2001
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